« Le médium de l’Europe, c’est le train*». Donc l’européen, c’est le produit du rail. À l’heure où le mythe a du plomb dans l’aile, prendre le train est politique. On prend le temps, on expérimente le territoire au rythme des rails, des arrêts en gare, des passages de frontières et des changements de locomotive… L’Orient-Express n’est plus, remplacé depuis bien longtemps par des machines comme les autres. Alors il ne reste plus qu’à en parcourir le tracé avec nostalgie, en se demandant où sont passés les rêves de nos pères. En se demandant jusqu’où on pourra aller avant de découvrir une limite digne de ce nom à ce qu’on appelle l’Europe si « personne ne sait où [elle] commence et où elle finit**». Alors le train, qui a construit l’Europe, peut-il encore représenter l’avenir d’un territoire que nous – Européens – devons encore nous approprier ?
*Soriano P., 2019
**Debray R., 2019

2025 – 2026
Matthieu Levé